Un tissage pour la chambre

Pour étrenner mon nouveau métier gracieusement apporté par le père Noël, je voulais un tissage sobre, dans des tons écrus, à suspendre au dessus de ma coiffeuse dans la chambre.

T1

Le carré est fait avec une laine superbe teinte à la main qui vient de la boutique Etsy de SMAK (acronyme des prénoms des propriétaires si j’ai bien compris !). Je ne m’attendais pas à ce que cela fasse des rayures, j’ai du choisir les dimensions parfaites pour que le bleu et le beige s’alternent si régulièrement ! Je visualisais au départ une couleur dominante avec quelques touches de la seconde, mais finalement les rayures restent douces et j’aime beaucoup le résultat final.

T2

Des pompons/glands pour changer de la traditionnelle frange ; il paraît que ça fait plus « fille », je trouve que ça rendait bien avec un tissage court.

T3

En tout cas j’adore ce métier à tisser, il est d’une taille parfaite pour faire des tissages de taille moyenne, ce que j’ai le plus en tête en ce moment. J’en ai commencé un second qui sera plus long, je songe même à coudre deux parties pour atteindre 80 cm…

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Un pull facile en une partie -DIY Tricot-

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… mais un peu long à faire quand même !

Ca faisait un petit moment que j’avais envie de me tricoter un pull. Mais assembler plusieurs parties de tricot pour faire un vrai vêtement n’est je pense la tasse de thé d’aucune tricoteuse, jamais, nulle part, de tous les temps et univers (même si j’ai récemment appris à faire une couture invisible, et j’avoue que c’est un peu magique !)

Et comme un pull n’est jamais qu’une croix, pourquoi ne pas faire le corps et les manches d’un coup et réduire le nombre de coutures ? J’ai un peu tâtonné, surtout parce que je voulais une ouverture avec un noeud dans le dos (côté fifille en force), mais je suis très contente du résultat !

Pull 1

C’est un modèle facile, qu’on peut agrémenter comme on veut : différents points, différents cols, des motifs en fair isle…

Pull 2

Ici, j’ai tricoté avec une acrylique Katia fine qui se travaille normalement aux aiguilles 3- 3,5. Comme je voulais quelque chose d’assez « lâche » (et que je suis incapable de tricoter souplement), j’ai utilisé des aiguilles n°5. J’ai eu besoin de 7 pelotes de 50g (1200m – aïe c’est beaucoup). Petit conseil : si vous avez des aiguilles circulaires à la bonne taille, ce sera plus facile quand vous aurez les manches… Je ne sais pas par quel miracle j’ai réussi à tout faire tenir sur mes aiguilles de 35 cm !

Instructions pour une taille S (taille environ 70 cm, poitrine 85 cm, hauteur du buste 68 cm) :

Devant :

Tricot 1

  • Monter 99 mailles. Tricoter 8 cm au point de côtés 2/2.
  • Après 8 cm, tricoter au point jersey endroit.

Manches :

Tricot 2

  • A 48 cm de hauteur, commencer les augmentations à chaque extrémité (vidéo utile) tous les deux rangs. Ajouter 1 x 12 mailles et 7 x 11 mailles de chaque côté. Je vous conseille de marquer le début des manches pour vous y retrouver ensuite.
 Ici vous vous rendrez compte que vous tricotez 2 fois les nouvelles mailles de début de rang mais 1 seule fois celles de fin de rang : ce n’est pas grave puisque dans le dos vous ferez l’inverse.
  • Continuer le jersey sur les 277 mailles obtenues.
  • Pour mon modèle, j’ai voulu faire le haut en point de riz pour que le col ne roule pas. J’ai changé de point à 58 cm de hauteur totale.

Texture

Col :

Tricot 3

  • A 68 cm de hauteur, rabattre 49 maillles centrales.

Tricot 4

  • Au rang suivant, si vous souhaitez un col classique : remonter 49 mailles à la place des anciennes. Pour faire une ouverture : remonter 12 mailles de chaque côté et tricoter séparément sur 8 cm. Puis relier les deux bords en remontant 25 mailles dans le trou.
J’ai à la fin « pincé » en cousant cette partie là pour que le tricot ne baille pas une fois le noeud accroché, mais si vous êtes doué et patient vous pouvez remonter moins de mailles et augmenter ensuite pour retrouver les 25.

Fin des manches :

  • A 10 cm depuis le début du dos j’ai repris le jersey.
  • A 13 cm depuis le début du dos : rabattre de chaque côté tous les deux rangs 7 x 11 mailles et 1 x 12 mailles. Vous retrouverez vos 99 mailles de départ.

Dos :

  • A 60 cm de hauteur depuis le début du dos, passer au point de côtes 2/2 et tricoter 8 cm. Rabattre toutes les mailles.

Tadam ! Il ne reste plus qu’à coudre les côtés et sous les manches, et vous avez un pull. Quelques photos de détails…

Pull 3

Pull 4

Je pense réutiliser ce modèle pour d’autres idées de pull, mais puisque le père noël m’a apporté ce kit We are Knitters, je pourrais comparer les deux patrons !

L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk

Je veux bien croire qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture, mais j’ai du mal à m’en empêcher.

Ussisonu

Ce dessin me crie « Je suis un livre kitsch, fantasy pour adultes au rabais, je dégouline de ma volonté d’être original ! » mais d’un autre côté, ce n’est pas que cela. On dirait un cliché qui cache son jeu. Et j’ai vraiment bien fait de pencher pour ma curiosité !

L’homme qui savait la langue des serpents raconte l’histoire de Leemet et de sa famille, derniers représentants d’une culture estonienne ancestrale. Ils vivent dans la forêt et parlent la langue des serpents, un moyen de communication supérieur qui leur permet d’être obéis de tous les animaux qui la comprennent. Mais les estoniens ont migré vers des villages, vers le christianisme ; ils ont perdu leur passé et la langue des serpents, ce qui semble les rendre plus bêtes. Leemet se retrouve seul héritier de toute cette culture. Le roman joue sur son envie de la défendre, son attirance pour la nouveauté… bref, ses tentatives de lier tradition et modernité.

Ce qui est déroutant, drôle et finalement très agréable, c’est le naturel avec lequel l’auteur nous plonge dans cet univers. Pour une fois qu’on veut bien nous faire vivre un monde merveilleux de l’intérieur, sans nous imposer le point de vue de quelqu’un qui découvre et en fait des tonnes à chaque élément surnaturel… Là, dès les premières pages, on nous parle d’ours qui draguent les femmes et de cerfs qui se laissent tuer parce qu’on le leur a demandé. Leemet nous raconte son parcours d’enfant puis de jeune adulte : ça fourmille d’inventivité, de fraîcheur et de personnages riches.

L’atmosphère est prenante, l’idéologie derrière n’est pas assomante. On comprend bien que tout ceci n’est qu’une gigantesque métaphore pour la situation des pays de l’Europe de l’est, de l’Estonie en particulier. Mais si cette idée de progrès qui assassine la culture et bêtifie les hommes est omniprésente, ce n’est pas un roman moralisateur. Au contraire, la fin révèle une espèce de douceur (qu’il fallait pourtant trouver vu les évènements sanglants -un peu trop ?- des derniers chapitres…) qui m’a beaucoup plu.

Quelques lignes du début :

« Il n’y a plus personne dans la forêt. Sauf des scarabées et autres petites bestioles, bien entendu. Eux, c’est comme si rien ne leur faisait de l’effet, ils persistent à bourdonner ou à striduler comme avant. Ils volent, ils mordent, ils sucent le sang, ils me grimpent toujours aussi absurdement sur la jambe quand je me trouve sur leur chemin, ils courent dans tous les sens jusqu’à ce que je les fasse tomber par terre ou que je les écrase. Leur monde est toujours le même – mais même cela, il n’y en a plus pour longtemps. Leur heure viendra ! Bien sûr, je ne serai plus là pour le voir, nul ne sera plus là. Mais leur heure viendra, j’en suis sûr et certain. »