Chewing-Gum Sweater – Kit de tricot We are Knitters

Je trouve le concept de We are Knitters (Wool and the Gang aussi, et si vous en connaissez d’autres je suis preneuse) génial. Du coup j’aime avoir des modèles de tricot modernes, avec une laine superbe et pas mal de choix niveau couleurs. Pour tester j’ai voulu commencer par un pull tout simple en point mousse, le « Chewing Gum Sweater » dans une laine rouge vin (j’en mets un peu partout en ce moment).

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We are Knitters propose essentiellement deux types de laine : la Petite qui se travaille en aiguilles 8 et la normale en aiguilles 15 il me semble. Le kit que j’ai pris utilise la Petite. On reçoit quatre pelotes, les aiguilles et le patron. Les instructions sont hyper simples à suivre.

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La laine est vraiment agréable à travailler. Y’a pas à dire les gros fils sont les meilleurs : ça monte vite, même en point mousse. J’ai juste eu quelques soucis en cousant les parties : le fil se cassait régulièrement, mais rien d’ingérable.

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J’aime beaucoup le résultat. Chewing Gum est un pull assez court, le point mousse est tout moelleux. Par rapport à mon pull gris tricoté en une seule partie, celui-ci a l’avantage d’être plus rapide, comme il n’y a pas d’augmentations/diminutions sur les manches. En faisant plein de petites pièces on a l’impression d’avancer vite.

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J’ai repris de la laine et j’ai réutilisé la base du patron pour faire un cardigan bleu. Je l’ai presque fini, j’aime toujours autant la laine ! Je garde donc un oeil sur leur site pour voir les nouvelles collections.

Tissages et recherche

Mes deux derniers tissages sont un peu éloignés de ce que j’ai habituellement en tête. Je voulais essayer d’autres choses : des dimensions et des finitions, des couleurs et des textures.

J’aime les tissages simples, assez épurés, avec ce qu’il faut de détail pour rendre le motif intéressant sans désharmoniser le tout. Donc, là, j’ai un peu fait n’importe quoi et craqué ma culotte comme disent les jeunes de nos jours (non). Et finalement, ce n’est pas si mal !

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T2

En particulier le tissage bleu et blanc qui est un peu un fourre tout de techniques texturisantes. Mes pensées quand je l’ai fait : TOUT METTRE. Je l’imaginais plus blanc au départ, plus apaisant. Ca reste assez équilibé, mais c’est loin du dépouillement habituel. Petit plus : j’ai utilisé un peu de laine que j’avais moi-même filée et le rendu est superbe !

Boucles

Franges

On est quand même dans le très fifille et la testostérone de la maison grince des dents, mais je pense le laisser au mur encore un peu.

Dégradé

Anneaux

Pour l’autre, je voulais tisser un dégradé et j’ai trouvé cette laine qui est teeeeeellement douce ! Très fine donc j’ai du m’armer de patience et de délicatesse. Je voulais que ce soit un peu plus long que ce que permet mon métier à tisser, or impossible de coudre proprement les deux parties : on voyait les fils façon cicatrice… J’ai d’abord pensé faire des boucles pour relier tout ça, puis je me suis souvenue que j’avais des anneaux dorés. Et là, c’est magique ! C’est propre et les couleurs vont très bien ensemble.

Me voilà donc avec deux tissages expérimentaux qui m’ont fait retenir de jolies idées : ajouter des éléments autres que la laine comme les anneaux et tisser de la laine filée main pour une texture folle.

Filer et teindre sa laine – DIY-

En quelques mois, je suis passée de « Je tricote et je tisse » à « et si je teignais et filais ma laine ? ». C’est une matière que j’ai toujours adoré travailler et après quelques heures sur Etsy à admirer les pelotes teintes à la main, les tutos de filage sur youtube… voilà, j’ai craqué.

Teinture 0

Filage 2

Que ce soit pour la teinture ou le filage, je ne sais pas si j’ai beaucoup de chance, mais j’ai trouvé la prise en main facile et donc hyper agréable. Ce n’est pas parfait, c’est sûr, mais au moins pas de catastrophe (pour l’instant…).

Voilà un petit article récap’ de mes nouveaux joujoux !

J’ai commandé le petit fuseau de TheUnusualPear (<3), joli en plus d’être efficace. J’ai pris le kit avec quelques fibres en plus (beaucoup, en fait) dans des tons pastels très chouettes.

Fuseau

J’en suis encore à tenir le fuseau entre mes genoux, l’épaisseur de mon fil passe du simple au quadruple, mais ça reste MA laine. J’ai tenté de mêler deux couleurs et ça pardonne carrément les irrégularités, je pense privilégier cette méthode au blocage qui consiste à mouiller la laine.

Filage 3

Filage 1

Le coup de coeur, c’est l’aspect de cette laine filée main une fois tissée. J’ai fait un petit insert de texture d’une laine blanche dans mon tissage du moment et je pense n’utiliser que ça pour le prochain. Le rendu est très intéressant, moins lisse et « plastique » qu’avec une pelote industrielle.

Laine filée tissée

Côté teinture… Je lorgne tellement sur la laine teinte à la main sur Etsy mais les prix réfreinent un peu mes ardeurs. C’est long à faire et ça demande un certain talent de coloriste, mais le procédé est accessible. Je suis passée de « je verrai plus tard, peut-être » à « j’ai tout acheté et je fais ça demain » en 30 minutes…

J’ai commandé cette laine-ci de mérinos qui est parfaite, elle accroche bien la couleur. Je n’avais pas envie de me lancer dans de vrais colorants professionnels, du coup j’ai choisi d’utiliser des colorants alimentaires (bouh je sais, mais ça marche !).

Teinture 2

Comment qu’on fait, donc ? J’ai fait tremper ma laine dans un mélange d’eau tiède et de vinaigre blanc (pour mieux accrocher la couleur) le temps de préparer mes couleurs. J’ai dilué le colorant dans un peu d’eau et de vinaigre et j’ai testé le rendu en y plongeant un coton tige. Ensuite on essore doucement la laine, on la peint puis on l’enroule dans du film alimentaire et hop, au micro-ondes (oui) ! J’ai lu différentes instructions pour le temps de chauffage, il faut apparemment que de la vapeur se dégage de la laine mais elle ne doit pas brûler. J’ai fait un peu au pif, 2 min par 2 min, jusqu’à ce que ça me paraisse suffisamment chaud.

Je ne me suis pas brûlée (un miracle) et j’ai lavé ma laine refroidie avec un peu de savon de marseille pour enlever cette délicate odeur de vinaigre. Seul le noir (que j’avais mis sur la laine tâchetée bleu et rose vif) est complètement parti, aucune des autres couleurs n’a dégorgé ! J’ai du mettre BEAUCOUP de vinaigre… Je suis un peu déçue de ne pas pouvoir faire de noir, mais apparemment c’est assez difficile à obtenir, surtout avec mon amateurisme complet.

J’avais préparé des mini pelotes pour tester, je pense qu’elles vont finir dans un tissage, elles aussi.

Teinture 1

Bon, là, une de mes collègues se moque de moi en me disant que ses grands parents ont quelques moutons si jamais ça m’intéresse… J’avoue que pour la tonte et le cardage on verra vraiment plus tard 😉

Les nuits de laitue, Vanessa Barbara

(Bonne année, au fait.)

Cela fait presque un an et demi que j’écris un roman, mon premier vrai roman sérieux. Je suis encore incapable de le présenter brièvement parce que ce qui m’est viscéral dans ce projet n’est pas une intrigue bien ficelée, ni un personnage un peu attachant que je voudrais suivre. Ce qui me vient, c’est de faire émerger une atmosphère. D’où une histoire présente mais très secondaire, une rencontre entre deux personnages évidente mais négligeable.

Je cherche à créer des petits tableaux, des situations et des images tirés de mes ressentis divers et variés. Je peux construire tout un chapitre sur une phrase que j’ai entendue au travail ou sur un cauchemar absurde. Simplement pour retrouver une sensation très spéciale. C’est comme ça que j’écris, pour cette fois en tout cas.

Si je raconte tout ça, c’est parce que je viens de lire un roman qui m’a donné cette impression, celle que je souhaite transférer dans ce que j’écris moi-même. Même si c’est avec plus de légèreté, Les nuits de laitue est exactement cette richesse, ce curieux assemblage de personnages et d’histoires papillonantes qui, ensemble, forment un tout assez harmonieux. Je ne cherche pas la comparaison, mais c’est toujours amusant de constater quand on écrit que « quelqu’un l’a fait » (plus jeune, j’ai eu cette géniale idée de raconter la vie des humains depuis le point de vue éclairé et semi-cynique d’un chat. Malheureusement pour moi, un certain Soseki m’avait piqué l’idée il y a un siècle).

Les nuits de laitue

On est dans un village rempli d’énergumènes. Il y a Nico, le préparateur en pharmacie obsédé par les effets secondaires des médicaments qu’il vend ; Monsieur Taniguchi, un ancien soldat japonais atteint d’Alzheimer, qui a passé des décennies dans la forêt à se battre pour une seconde guerre mondiale qu’il ne savait pas terminée. Et le facteur Anibal qui se trompe dans sa distribution de lettres pour « favoriser le lien social ».

Au milieu de tout ça, Otto, récemment veuf, vit reclus en ressassant les souvenirs qu’il a de sa femme Ada. Chaque chapitre du roman le voit plus ou moins interagir avec un de ses voisins et petit à petit, on s’aperçoit qu’il y a quelque chose de louche derrière la mort d’Ada.

C’est drôle, délicieusement tiré par les cheveux. On a une galerie de personnages tous intéressants (j’ai envie de dire même Otto), c’est agréable à lire.

Et la couverture est vraiment chouette (hashtag Zulma4ever).