Les nuits de laitue, Vanessa Barbara

(Bonne année, au fait.)

Cela fait presque un an et demi que j’écris un roman, mon premier vrai roman sérieux. Je suis encore incapable de le présenter brièvement parce que ce qui m’est viscéral dans ce projet n’est pas une intrigue bien ficelée, ni un personnage un peu attachant que je voudrais suivre. Ce qui me vient, c’est de faire émerger une atmosphère. D’où une histoire présente mais très secondaire, une rencontre entre deux personnages évidente mais négligeable.

Je cherche à créer des petits tableaux, des situations et des images tirés de mes ressentis divers et variés. Je peux construire tout un chapitre sur une phrase que j’ai entendue au travail ou sur un cauchemar absurde. Simplement pour retrouver une sensation très spéciale. C’est comme ça que j’écris, pour cette fois en tout cas.

Si je raconte tout ça, c’est parce que je viens de lire un roman qui m’a donné cette impression, celle que je souhaite transférer dans ce que j’écris moi-même. Même si c’est avec plus de légèreté, Les nuits de laitue est exactement cette richesse, ce curieux assemblage de personnages et d’histoires papillonantes qui, ensemble, forment un tout assez harmonieux. Je ne cherche pas la comparaison, mais c’est toujours amusant de constater quand on écrit que « quelqu’un l’a fait » (plus jeune, j’ai eu cette géniale idée de raconter la vie des humains depuis le point de vue éclairé et semi-cynique d’un chat. Malheureusement pour moi, un certain Soseki m’avait piqué l’idée il y a un siècle).

Les nuits de laitue

On est dans un village rempli d’énergumènes. Il y a Nico, le préparateur en pharmacie obsédé par les effets secondaires des médicaments qu’il vend ; Monsieur Taniguchi, un ancien soldat japonais atteint d’Alzheimer, qui a passé des décennies dans la forêt à se battre pour une seconde guerre mondiale qu’il ne savait pas terminée. Et le facteur Anibal qui se trompe dans sa distribution de lettres pour « favoriser le lien social ».

Au milieu de tout ça, Otto, récemment veuf, vit reclus en ressassant les souvenirs qu’il a de sa femme Ada. Chaque chapitre du roman le voit plus ou moins interagir avec un de ses voisins et petit à petit, on s’aperçoit qu’il y a quelque chose de louche derrière la mort d’Ada.

C’est drôle, délicieusement tiré par les cheveux. On a une galerie de personnages tous intéressants (j’ai envie de dire même Otto), c’est agréable à lire.

Et la couverture est vraiment chouette (hashtag Zulma4ever).

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